Extreme Rules 2009 Imprimer


PPCatchor

Voici en exclusivité le compte rendu de ce PPV par Pépé Catchor !

 

La WWE entre dans le royaume de l’extrême pour Extreme Rules 2009, qui remplace One Night Stand cette année. Cinq titres en jeu, une stipulation pour chaque combat et Pépé qui découvre les joies d’Internet. Tous les ingrédients sont réunis pour un moment mémorable. 

Kofi Kingston bat William Regal, Matt Hardy et MVP dans un Fatal 4 Way Match et conserve son titre US en 6 minutes
Bon choix pour débuter un show et chauffer le public. Comme la WWE en a pris l’habitude, le champion entre en premier. Les traditions se perdent, moi je vous le dis.
L’affrontement est frais entre quatre lutteurs qu’on n’a pas l’habitude de voir dans un même ring. Qui a dit que le draft ne servait à rien ?
Dès le début, le ton est donné : Kofi Kingston est mis en avant grâce à ses prouesses athlétiques. Possesseur de la ceinture US depuis 6 jours, il se voit offrir ici la possibilité de s’établir comme un champion crédible. L’action est rapide mais contient énormément d’approximations pour le temps imparti. Beaucoup de ratés, d’imprécisions, et le manque de cohésion entre les quatre hommes est assez flagrant. Kofi est athlétiquement extraordinaire mais ses coups manquent cruellement d’impact. Preuve en est son finish, une fois de plus raté, qui nous laisse avec un goût amer dans la bouche. J’encourage cependant la WWE à nous offrir plus de matchs comme celui-ci, bourrés d’action et sans temps mort. Bien que très brouillon par moments et rapidement expédié, ce combat a le mérite d’être divertissant. Après tout, c’est le but d’un opener
Note : **1/2


Chris Jericho bat Rey Mysterio dans un No Holds Barred Match et devient champion Intercontinental en 14 minutes
Formidable entrée de Jericho, dédaigneux à souhait. Toute l’histoire de ce match est centrée sur le masque de Rey Mysterio. Plus agressif que jamais, celui-ci brutalise Jericho dans un début de combat particulièrement intense et surprenant. La construction est irréprochable et le public réagit bien aux nombreuses séquences de contres parfaitement exécutées. Une partie du public est pour Jericho. Celui-ci ralentit alors intelligemment la cadence et joue davantage avec la foule pour se faire huer. Les retours de Rey, basés sur des mouvements de haut vol, sont très efficaces. La séquence durant laquelle Jericho contre le 619 en backbreaker est incroyable. Du grand art. L’action est assez imprévisible et les deux hommes nous offrent un très beau spectacle ENFIN digne du championnat IC. Le finish est original et parfaitement amené avec Jericho qui arrache le masque de son adversaire en un éclair pendant le 619 et profite de son moment de panique pour remporter le combat. Jericho est champion Intercontinental pour la neuvième fois, un record. Le masque de Rey représentant tout de même une mine d’or d’un point de vue merchandising, je doute que la WWE ose démasquer de manière définitive l’idole de toute une génération.
Note : ***3/4

Faites-moi confiance et mettez de l’argent de côté pour vous procurer le coffret DVD du Macho Man. Un immanquable, Ouh yeah !

CM Punk bat Umaga dans un Samoan Strap Match en 9 minutes
Depuis son retour il y a quelques semaines, Umaga est à nouveau booké comme un monstre, la WWE ayant visiblement décidé de faire table rase du passé.
Le combat est solide en dépit de la stipulation pour le moins réductrice, les deux catcheurs étant liés l’un à l’autre par une lanière en cuir. Pour l’emporter, il faut toucher successivement les quatre coins du ring. Durant tout le combat, JR vend la victoire éventuelle de Punk comme un accomplissement énorme étant donné les circonstances, du bon boulot pour le mettre over. Umaga maîtrise les débats grâce à sa puissance pendant que quelques malins au premier rang s’amusent à l’encourager. Mine de rien, l’utilisation du strap est souvent astucieuse et le tout est rondement bien mené. Après que Punk a touché 3 coins, Umaga lance la charge mais se fait cueillir par un GTS dévastateur. La Straight Edge Superstar s’écroule sur le quatrième coin pour remporter un combat bien meilleur que ce que j’aurais pu imaginer. Tout à fait acceptable.
Note : **1/4

(Umaga a été renvoyé de la WWE le lendemain du PPV. Plus d’infos dans les prochains numéros de CatchMag.fr)

Tommy Dreamer bat Jack Swagger et Christian dans un Triple Threat Hardcore Match et devient champion ECW en 9 minutes
Vous le savez, si Dreamer ne devient pas champion ECW ce soir, il quittera la WWE. Avant le match, une interview backstage fait monter la température entre Tommy et Christian. Simple mais efficace.
De temps à autres, la WWE décide de sortir le bon vieux Tommy de sa poche et de le faire passer de jobber de luxe à Superstar…c’est à n’y rien comprendre.
Le petit Jack Swagger progresse à vue d’oeil. L’impact de ses prises est gigantesque et son interaction avec le public est meilleure de show en show. Ce n’est plus le même qu’il y a 6 mois. Chant “E-C-Dub” pour les nostalgiques. Comme lors du premier combat, il n’y en a que pour un homme, Tommy Dreamer. Il place ses spots favoris et le ring se rempli progressivement d’armes en tout genre. Sa dernière chance est la bonne et il remporte après tant d’années le titre ECW avec son DDT fétiche. La boucle est bouclée. Son émotion fait plaisir à voir et l’image de son bain de foule est sympathique. Quant à Christian, son règne fut particulièrement anecdotique, comme la plupart des récents règnes à la WWE, hélas.
Note : **1/2

Santina Marella bat Vickie Guerrero et Chavo Guerrero dans un Handicap Hog Pen Match et redevient Miss Wrestlemania en 3 minutes
Mon Dieu…Santina regagne sa couronne après une perte de temps monumentale. Je ne note pas cette atrocité et vais de ce pas revoir Hunter Hearst Helmsley vs. Henry Godwinn.

Tiens, changement de design pour le logo de Summerslam. Ce n’est pas pour faire le vieillard mais c’était mieux avant...
En coulisses, Edge et Vickie se disputent. Il finit par demander le divorce!


Batista bat Randy Orton dans un Cage Match et devient champion WWE en 8 minutes
Le clip récapitulatif de la feud dure des heures. Batista serait apparemment blessé au biceps et devrait se faire opérer très prochainement. Le combat est un cage match des plus basiques. Orton joue à merveille son rôle de heel en tentant de s’échapper à plusieurs reprises. La victoire éclair de Batista est une (mauvaise) surprise. Paradoxalement, la courte durée du combat le rend agréable à suivre. Une dizaine de minutes en plus aurait sûrement fait baisser la note. A Backlash, on pensait que l’ère Orton allait enfin débuter, elle prend fin deux mois plus tard dans l’incompréhension la plus totale. La WWE effectue beaucoup trop de changements de titres depuis 6 mois… ça en deviendrait presque énervant.
Note : **1/2

John Cena bat Big Show dans un Submission Match en 19 minutes
Les matchs de Cena, comme ceux des plus grandes superstars de l’histoire, se suivent et se ressemblent souvent. Après tout, pourquoi changer une formule qui fonctionne à travers le monde ? L’affrontement est méthodique, chacun tentant des soumissions de plus en plus douloureuses. Big Show a l’avantage pendant la majeure partie du combat mais Cena revient toujours, pour le plus grand plaisir d’un public acquis à sa cause. Le finish, en plus d’être raté, est illogique. A mon époque, un membre dans les cordes cassait la prise…Bref. Si ce match peut être considéré comme ennuyeux de par sa lenteur et sa durée abusive, il n’en demeure pas moins une démonstration de l’efficacité de la WWE : une construction millimétrée et une histoire simple qui permet au public de se laisser embarquer.
Note : **1/4

Jeff Hardy bat Edge dans un Ladder Match et devient champion du monde en 21 minutes
Lorsque le combat commence, il reste techniquement 12 minutes de show. La WWE devra à n’en pas douter rallonger son programme. Pendant la première partie du match, l’action est inhabituellement lente et le manque de rythme est évident. Ajoutez à cela la voix de Todd Grisham et vous obtenez un main event qui ne commence pas de la meilleure des manières. Edge se concentre sur la jambe de Jeff pour l’empêcher de réaliser ses manœuvres suicidaires. Malin. Le public va entrer dans le combat à la suite d’un spot brutal jamais vu auparavant. A partir de là, les deux hommes sortent l’artillerie lourde et réussissent l’exploit d’innover et d’innover encore. Depuis le légendaire Razor Ramon vs. Shawn Michaels, il y a eu tellement de matchs de l’échelle que je pensais avoir tout vu. Et bien non. La construction n’est pas exempte de tout reproche, le tout manquant de liant, mais les risques pris par Edge et Jeff rendent ce combat passionnant. Le finish est une fois de plus original et je tire mon chapeau à  l’équipe créative qui parvient encore à nous surprendre. S’il y a bien un type de match qu’il est délicat de conclure, c’est le Ladder Match. Ici, Edge se retrouve crucifié entre les marches et doit regarder, impuissant, son ennemi de toujours lui subtiliser son précieux devant ses yeux. Le visuel est vraiment parfait pour mettre fin au show.
Note : ****

Mais ce n’est pas fini ! Voilà CM Punk ! Il décide de « cash in » son contrat remporté lors du Money in the Bank à Wrestlemania ! La foule est clairement partagée et quelque huées se font entendre. La séquence est plutôt bien faite, jouant avec les émotions des fans sur les deux dégagements. Il faudra deux GTS pour venir à bout d’un Jeff Hardy décidemment valeureux. CM Punk est le nouveau champion Heavyweight.  La réaction mitigée du public laisse entrevoir des possibilités multiples pour la suite. Heel turn en vue ? C’est fort possible, et fort souhaitable ! J’attends cela depuis des années et en salive d’avance. Mais on ne sait jamais avec la WWE, celle-ci s’amusant depuis quelque temps à constamment brouiller les pistes…


Conclusion : Extreme Rules 2009 est d’une hétérogénéité dont la WWE ne nous avait pas gratifiés depuis longtemps. Si le main event et le combat pour le titre IC sont de grande qualité, ce n’est pas le cas pour le reste. Il se passe beaucoup de choses, sûrement trop, et les multiples changements de titres deviennent quasiment insignifiants.