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Brian Kendrick : un nouveau départ Certains licenciements peuvent relancer des carrières. C’est le cas pour Brian « Spanky » Kendrick, récemment congédié par la WWE, goûtant actuellement aux douces joies d’une popularité retrouvée. Son renvoi apparaît comme une véritable aubaine à la fois pour ce catcheur au talent inexploité et pour la scène indépendante américaine qui accueille à bras ouverts l’un de ses enfants.
L’éventail des possibles est maintenant quasiment infini. Brian Kendrick est libre. Cette liberté nouvelle ouvre une multitude de portes au sein d’un paysage indy US ayant plus que jamais besoin de sang neuf.
Cette scène indy US, il en fut l’un des pionniers avant de succomber à l’appel des dollars de Vince McMahon. Premier à la quitter pour intégrer le vaisseau de Stamford, il réintègre en héros un milieu qu’il avait délaissé en 2002 puis en 2005.
Alors, retour à la case départ ? Pas tout à fait. Star établie aux USA et gaijin populaire au Japon, Kendrick aura tout de même bénéficié à la WWE de plusieurs temps forts lui permettant d’acquérir un certain statut. L’étiquette d’ancienne star WWE fait vendre, c’est un fait.
Champion par équipe en compagnie de son compère Paul London (lui aussi renvoyé en 2009), il connut son heure de gloire en solo, sous les traits de « The Brian Kendrick », individu supérieur au look travaillé, charismatique et prétentieux à souhait. Les premières promos qu’il a pu tourner avec son garde du corps, l’intimidant Ezekiel Jackson, étaient tout bonnement formidables et faisaient à n’en pas douter partie des coups de génie de l’équipe créative de la WWE.
Vous l’avez compris, je prévoyais de grandes choses pour ce personnage unique au milieu de cette génération de jeunes catcheurs en boxers, kickpads et tatouages tribaux. The Brian Kendrick sortait définitivement du lot avant que son addiction notoire pour la marijuana ne lui joue des tours et ne fasse s’envoler son push en fumée. N’y voyez là aucun jeu de mots. Si la sanction n’est pas tombée plus tôt, c’est uniquement grâce à Pat Patterson, celui-ci ayant de nombreuses fois plaidé en sa faveur pour repousser l’échéance.
À peine libéré, le voilà convoité par tous les promoteurs. Le lendemain de son renvoi, Brian Kendrick est annoncé à la PWG. Si la paie aura certainement quelques zéros en moins, la reconnaissance est déjà là. La seconde plus importante que la première ? Le débat est ouvert. Internet s’enflamme, les amateurs d’indy sont aux anges et salivent devant la pluie de possibilités qui s’offre à eux. Athlétiquement doué et physiquement affûté, il rentre parfaitement dans le moule si particulier du produit PWG mêlant un style de catch hybride à une ambiance loufoque souvent axée vers la comédie.
La PWG frappe un grand coup d’entrée en offrant à ses fans un alléchant Brian Kendrick vs Bryan Danielson, histoire de relancer une rivalité vieille de 8 ans. Son deuxième combat dans la fédération ? Un match que personne n’osait imaginer dans ses rêves les plus fous…Brian Kendrick et les Young Bucks feront face aux Motor City Machine Guns et CIMA. Je vois d’ici votre mâchoire tomber et votre salive couler au coin de votre bouche. Il faut bien l’avouer, ce combat me fait envie également. Rendez-vous le 4 septembre.
Mais si Kendrick est au centre de l’univers indy depuis quelques jours, ce n’est pas uniquement à cause de son accord passé avec la Pro Wrestling Guerrilla. Il a également signé avec la fédération la plus tendance du moment, j’ai nommé la Dragon Gate USA, pour laquelle il évoluera lors de l’enregistrement du prochain PPV à Chicago. Habitué de la Zero-1, Spanky s’y sentira à coup sûr comme un poisson dans l’eau.
Il n’aura donc pas tardé à rebondir et a su habilement transformer une situation délicate en triomphe annoncé. Absent des rings indépendants depuis l’été 2005, il n’a jamais affronté la nouvelle vague de catcheurs évoluant sur le sol américain et se présente indéniablement comme le facteur X capable de redynamiser la scène US tout entière. Seule fédération délaissée pour l’instant, la ROH apparaît de plus en plus en danger face à une concurrence affamée qui n’hésite pas à sortir l’artillerie lourde pour lui voler son trône…
Quand on est champions, on doit être les meilleurs
On pourrait se demander s'il s'agit de gâchis d'opportunité ou tout simplement de pragmatisme qui n'a pour seul but que de renforcer ceux qui sont censés être les champions par équipes… les meilleurs !
Pour sa troisième édition, la NOAH NTV-Cup Junior Tag League a été probablement la plus intéressante depuis 2007. Rappel des faits : en 2007 et 2008, KENTA et Taiji Ishimori remportent le tournoi avec des affrontements qui resteront dans les annales, notamment la finale de 2007 (KENTA & Ishimori vs Ibushi & Marufuji) qui, je l'avoue bien volontiers, reste un de mes matchs puro préférés au XXIe siècle ! Sur fond de heel turn, KENTA et Ishimori se sont réunis à nouveau cette année contre toute attente, créant la surprise et plongeant les fans dans l'expectative la plus complète. Est ce que l'improbable pouvait se produire avec une victoire pour une troisième année consécutive? Si cette interrogation présentait un véritable intérêt, les bookers NOAH ont mis au placard les stéréotypes et n'ont pas fait perdre KENTA & Ishimori, comme beaucoup le supposaient, en finale. Mais pour quelle diable de raison? Certainement pour rester crédibles dans l'approche sportive du catch qui s'exerce au Japon.
Entrons dans les détails.
Le tournoi NTV-Cup était jusqu'alors l'équivalent de la plupart des tournois qui ont lieu sur la planète Catch (pardon pour le jeu de mots) : renforcer les main-eventers, et mettre en avant des jeunes talents qui arrivent au sommet, car lesdits main-eventers sont confrontés à un manque d'enjeu. Les deux années passées, les vainqueurs, KENTA & Ishimori, n'étaient pas champions durant les tournois. Cette année, les champions en titre, Kanemaru & Suzuki, arrivent en demies finales et…battent les vainqueurs en titre ! Puis ils iront gagner la finale face à Ibushi & Aoki (dont je déteste le nouveau look teint en blond).
On a beaucoup entendu dire que c'était un mauvais choix et qu’Ibushi et Aoki auraient pu bénéficier d'une meilleure exposition et d’un plus gros push en remportant le tournoi. Je n'aime pas contredire bêtement les gens, mais je vais me permettre d'expliquer pourquoi je pense que c'est un très bon choix.
Les années passées, lorsque les champions étaient défaits au milieu du ring, planait un sentiment de surprise. Les champions venaient de perdre, mais l'aspect surprise leur permettait de conserver leur crédibilité en tant que champions. Ce que je reproche aux scénaristes, pas seulement à ceux de la NOAH mais tous à travers le monde, est de systématiquement présenter un match qui n'est pas pour le titre comme moins motivant. Certaines occurrences ont leur excuse, comme par exemple, battre le champion dans un « non title match » pour ensuite obtenir une chance au titre. Mais n'oublions pas que le catch est censé se rapprocher au plus près d'un affrontement légitime. Pensez-vous une seule seconde qu’à l’UFC, un combattant lèvera le pied si son titre n'est pas en jeu? Si on ne donne pas tout, le pire peut arriver. Il devrait en aller de même pour le catch.
L'édition 2009 m'aura fait plaisir ! Les champions ont tout donné et sont sortis victorieux. Pourquoi? Car ce sont les champions, tout simplement. Les perdants n'ont aucunement à rougir, ils ont peut-être perdu, mais ce fut face aux champions, les meilleurs.
Lors des Ted Petty Invitational de la IWA-MS (qui tombe dans la désuétude la plus morne depuis 2008), le champion met en jeu sa ceinture durant chaque match du tournoi. Peut-être faut-il appliquer ce système…
Est-ce bien raisonnable de gagner un tournoi par une surprise et non pas une domination propre et incontestable ? Là encore, la logique aurait fait gagner Ibushi & Aoki à la suite d’un match long et indécis. Mais là aussi le bât blesse. Champions depuis un an, Kanemaru et Suzuki, équipe rôdée à merveille, perdent, non pas sur une surprise, mais bel et bien face à la supériorité d’une équipe encore fraîchement formée. Pas forcément plus logique…
Quel est, aujourd'hui, le statut des participants arrivés en fin de parcours? Kanemaru & Suzuki sont champions depuis un an, et même en tournoi ils se sortent de toutes les situations. Le public ne peut que voir en eux la meilleure équipe poids moyens actuelle. Aoki & Ibushi sont au top car ils ont réussi à pousser les champions dans leurs derniers retranchements. Le public les adopte enfin, non pas comme la relève, mais comme le haut niveau actuel. KENTA & Ishimori : toutes les bonnes choses ont une fin. C'est cette fin qui a causé la perte de leur équipe, et non pas des faiblesses individuelles. Le public attend encore de grandes choses de ces deux là. Ils se sont d'ailleurs affrontés le 1er août dans un match que je vous conseille également ! Le statut d'Ishimori semble même renforcé car il mène parallèlement une carrière de body builder. Les fans, qui le voient mener ces deux batailles de front, s'inclinent devant son sérieux et son travail.
Vous savez ce que je ferais moi, dans mon sadisme psychologique qui me tient à cœur? Faire affronter Kanemaru & Suzuki et toutes les équipes du tournoi, de façon éparse, durant toute l'année qui vient. Jamais personne ne parviendra à les battre. Ils arriveront à la NTV-Cup 2010 en étant champions depuis deux ans, mais perdront en finale contre la nouvelle équipe en vogue. Effet assuré !
A voir (et revoir !) : − Yoshinobu Kanemaru & Kotaro Suzuki vs. Katsuhiko Nakajima & Kento Miyhara (12 Juillet 2009) − Atsushi Aoki & Kota Ibushi vs. KENTA & Taiji Ishimori (12 Juillet 2009) − Yoshinobu Kanemaru & Kotaro Suzuki vs. KENTA & Taiji Ishimori (25 Juillet 2009) − Yoshinobu Kanemaru & Kotaro Suzuki vs. Atsushi Aoki & Kota Ibushi (25 Juillet 2009)
Dans le prochain numéro de Catchmag.fr, je m'attarderai dans la section « On the road » sur le partenariat entre NOAH et ROH. Si l'entente semble encore tout ce qu'il y a de plus amicale, une question subsiste : l'accord n'a-t-il pas blessé irrémédiablement les deux compagnies? Réponse fin du mois prochain.
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