HBK, à cœur ouvert Imprimer

Pour ce premier numéro spécial catcheurs déchus, voici l’analyse de l’autobiographie du HeartBreak Kid Shawn Michaels, auteur de Heartbreak & Triumph The Shawn Michaels Story, un catcheur qui est passé très près de la déchéance.

Tout a été dit et écrit sur Shawn Michaels, le catcheur qui a su donner un second souffle à sa carrière après une blessure au dos qui l’a laissé sur la touche pendant plus de quatre années. Véritable légende, adulé de tous aujourd’hui, HBK a aussi connu des périodes très sombres qui auraient pu avoir raison de sa carrière… et de sa vie.

Shawn Michaels revient sur sa carrière dans une autobiographie révélation, influencée fortement par sa rédemption.

Alors, quel Shawn s’adresse à nous dans cet ouvrage ? Le Shawn manipulateur, roi de la politique en coulisses et de l’hypocrisie ou le Shawn sincère, émouvant et aussi innocent que le petit garçon innocent de San Antonio qu’il était ?

À vous de juger !

Avant toute chose, sachez que j’ai la plus grande admiration pour cet athlète extraordinaire, ce pionnier sur le ring et ce roi de l’émotion. Qui n’a jamais eu de frisson en voyant sa descente spectaculaire lors de WrestleMania 12 et plus récemment lors de sa rivalité contre Chris Jericho.

Comme dans toute autobiographie, on a le droit à la jeunesse de l’enfant prodigue. Fils non désiré par sa mère (4e enfant pour maman Hickenbottom quand même), le Boy Toy détestait son prénom Michael (infos cruciales, n’est-ce pas ?). On y apprend également que Shawn était un fan de catch depuis son enfance et qu’il a souhaité s’entraîner auprès de la légende locale (Jose Lothario). Plus surprenant, Shawn nous révèle qu’il était timide avec les filles et qu’il dansait comme un pied… ce qui devrait rassurer les plus coincés d’entre vous, un jour peut être, vous aussi, vous vous dandinerez, le torse bombé en chassant tout ce qui bouge.

Ne faites pas ça chez vous !

 

Petite anecdote gore avant de s’intéresser aux vraies questions de fond concernant la carrière du Showstopper. Lors d’une fête de lycée, Shawn s’est entaillé le front avec un rasoir électrique pour prouver à son auditoire qu’il était un dur à cuire, puis a commencé à imiter les catcheurs …idiot et dangereux, deux adjectifs qui poursuivront Shawn pendant longtemps lors de sa carrière à la WWF.

 

Un rocker survolté !

 

La carrière de Shawn a véritablement commencé à décoller suite à sa rencontre avec Marty Janetty alors qu’il n’avait que 19 ans. C’est aussi à cette époque que l’oie blanche Michaels a véritablement embrassé le style de vie des catcheurs et a commencé à écumer les bars après les shows.

C’est à l’AWA que les deux compères ont adopté le gimmick et le nom des Midnight Rockers. Initialement, le duo devait s’appeler les Country Rockers (idée proposée par Greg Gagne).

Je ne m’attarderai pas sur l’aspect in ring des Rockers qui a déjà été massivement couvert. Intéressons-nous plutôt à la réputation des Rockers hors du ring.

 

Le côté bon enfant

Marty adorait débrancher le micro des annonceurs lors des interviews, ce qui au départ amusait, mais qui finissait par lasser. De même, les compères adoraient cacher les stylos de Greg Gagne afin de le rendre furax… l’humour à la DX avant l’heure.

 

Les vices de la nuit

Parfaite illustration de leur attitude de dégénérés, une nuit, Jannetty et Michaels ont décidé d’exploser toutes les bouteilles de bière qu’ils avaient bues contre la porte de leur chambre d’hôtel… et vu la descente des catcheurs, il y a eu des verres pillés !

De même lors de leur début raté à la WWF, les Rockers ont subi les conséquences de leur vie de noctambules… « J’étais tellement nerveux que si Vince m’avait interdit de boire de l’eau, je l’aurai écouté » Shawn craignait Vince McMahon mais c’était oublier le petit caractère du Boy Toy… quelques jours après, les Rockers étaient virés de la WWF suite à un incident ayant eu lieu dans… un bar. Vince ne lui avait pas interdit de boire des bières ! Shawn a répondu aux provocations d’un Jimmy Jack Funk éméché comme pas deux qui mangeait littéralement les verres de bière. Le Boy Toy s’est explosé un verre sur le front en guise de révolte contre Jimmy Jack. Le lendemain, la loi du silence a battu son plein lorsque les Rockers ont été accusés par la vieille garde d’avoir semé le trouble dans le bar. Vince n’a pas eu d’autre choix que de se séparer des jeunots à la réputation sulfureuse. La vérité vingt ans plus tard selon Saint Michaels : Jannetty est sorti avec une fille sur qui Jimmy Jack avait des vues.

Avant de devenir briseur de cœur, Michaels était le briseur officiel de verres.

Comme quasiment toutes les équipes, la séparation était inévitable… à la différence que ces deux se sont mis dessus hors caméra devant un Roddy Piper médusé.

 

 

Le mauvais garçon

Si vous n’aimez pas Shane Douglas et Jean Pierre Lafitte (Carl Ouelett), vous serez aux anges lorsque Shawn « détruit » les deux catcheurs… pour les autres, désolé, il faudra prendre sur vous.

 

L’incident à la sortie du bar de Syracuse

Alors qu’il sortait d’un bar (en état d’ébriété avancée selon les témoins, innocemment, selon HBK) avec Sean Waltman et Davey Boy Smith, Shawn s’est fait tabasser par une bande. Inconscient, il s’est réveillé dans les bras de Sunny (Tammy Sytch). Un petit conseil à toi Shawn, évite les bars… quoi que se réveiller à côté de Sunny, ça vaut bien une rouste.

 

La Kliq

Nous n’apprenons rien de bien nouveau sur la Kliq. Cette bande de cinq des plus gros noms de la WWF (Kevin Nash, Scott Hall, Sean Waltman, Triple H et notre Boy Toy) a fait la pluie et le beau temps dans les coulisses de la fédération de 1994 à mai 1996, date du fameux Curtain Call. Révélation sur ce fameux incident, Vince n’a pas mal réagi dans un premier temps (scoop) mais sous la pression des agents, il a sanctionné… Triple H (non scoop) et oui, notre Sexy Boy est souvent passé entre les mailles du filet.

 

 

« Bret n’était pas un grand catcheur »

Je ne vous ferai pas attendre plus longtemps. Le livre n’a d’intérêt que pour mieux comprendre les relations avec son plus grand rival : Bret Hart. C’est un livre édité par la WWE, rédigé par Shawn Michaels alors n’attendez pas la Vérité avec un grand V mais plutôt avec un petit « v » comme… vendetta personnelle.

 

Contre toutes attentes, Shawn revient sur ses bonnes relations professionnelles avec le Hitman au départ. Les deux ayant un parcours similaire, un gabarit identique, ils veulent être les porteurs de flambeau de la nouvelle génération.

Concernant leur rencontre de WrestleMania 12, Bret Hart aurait confié à Shawn que ça ne lui posait aucun problème de perdre contre lui, tout en lui faisant comprendre qu’il lui accordait une faveur. HBK en profite au passage pour tacler son rival en revenant sur les craintes du héros canadien de ne pas être à la hauteur physiquement pour leur Iron Man match de WM 12. Selon Shawn, Bret était « très très bon » mais n’était pas un « grand catcheur », il ne faisait « rien d’excitant », et restait toujours dans sa « routine », était « égoïste et inflexible » le canadien est habillé pour l’hiver.

L’argent est venu s’entreposer entre les deux hommes. En 1996, Bret venait de signer un deal à long terme avec la WWF et gagnait plus que Shawn…alors ce dernier est allé se plaindre à Vince…Vous aussi, vous adulez HBK, alors si vous estimez qu’un autre employé touche plus que vous, allez voir le patron et faites une scène et vous passerez pour un idiot total.

 

Shawn revient sur leur bagarre en coulisses et considère avoir eu le dessus…ce n’est pas l’avis de tous les témoins qui ont assisté à la scène.

 

Suite à cet incident, Shawn a demandé à Vince de casser son contrat pour qu’il parte à la WCW afin de retrouver ses potes (Nash, Hall, Waltman). Nous connaissons tous la suite. Le Boy Toy est resté à la WWF.

 

Montreal Screwjob

 

Je ne vais pas revenir ici sur le Screwjob en détail. Sachez juste que Shawn avoue qu’il était au courant depuis le départ de toute l’entourloupe. C’est lui qui a proposé l’idée d’une crasse à faire à Bret Hart du type tombé rapide et qui a briefé l’arbitre Earl Hebner. Catcheur et booker, quel polyvalent ce Boy Toy !

 

Shawn doit considérer qu’après dix années, il y a prescription alors il révèle tout… il oublie simplement d’indiquer qu’il a pleuré comme un gamin pris en faute lorsque Bret Hart est revenu dans les vestiaires à près le match (mais pour ça il faut lire Bret Hart Hitman : My real life in the cartoon world of wrestling)

 

Shawn et la drogue

Shawn a toujours eu un rapport étroit avec les drogues de toutes sortes. Accro aux antidouleur, Shawn, après sa retraite prise lors de WM14 n’était plus que l’ombre de lui-même, allant jusqu’à s’effondrer de sommeil durant les repas. En dépit de son mariage avec Rebecca (une ancienne Nitro Girl) et de la naissance de son fils Cameron, les mauvaises habitudes de Shawn n’ont fait qu’empirer au point qu’il a coupé les ponts avec son grand ami Triple H. Grâce à sa femme, le mauvais garçon a redécouvert la religion… le chemin vers la rédemption a pu commencer et le livre perd tout son intérêt.

La suite, tout le monde la connaît, HBK a réinventé sa carrière sur le ring pour devenir la plus grande légende en activité suivi de près par l’Undertaker.

Shawn est habité par la religion au point de ne pas vouloir prendre part à certains scénarios et de ne pas vouloir partir à SmackDown car les enregistrements se font le mardi, le jour où Shawn officie à la paroisse… sans commentaire. Sincère ou pas, HBK sait nous tenir en haleine aussi bien que sur le ring.

 

AVIS DU PSY :

 

L’écriture de cet ouvrage a été salvatrice pour l’ancien mauvais garçon du catch. Comme tout génie, HBK sait atteindre les sommets mais il peut aussi toucher le fond. HBK, en bon « born again » prêche la bonne parole à la fin de l’ouvrage mais ce que l’on retiendra, c’est la formidable propension qu’à Shawn Michaels à se sortir de toutes les situations (aussi bien sur le ring que dans la vie)

Je conseillerai cependant à HBK de faire un petit tour sur le divan du Mifreud Institute car une rechute est vite arrivée.

 

 

Incroyable mais vrai !

 

HBK déteste son prénom Michael

HBK est ambidextre

HBK, fan du groupe Judas Priest a proposé Midnight Rockers en hommage à la chanson « Living after midnight »

Shane McMahon est à l’origine du nom Diesel

Curt Hennig est à l’origine du surnom Heartbreak Kid

Pat Paterson est à l’origine de l’Iron Man match de WrestleMania 12

Lex Luger est à l’origine du nom Clique

Lors de Summerslam 1996, Shawn a perdu son sang-froid face à Vader

Shawn était persuadé que Playgirl était un magazine pour filles

Lors des Survivor Series 1997, le Sharshooter porté par Michaels ainsi que le drapeau canadien maltraité sont eux idées de Bret Hart

Seuls Triple H, Vince et Shane McMahon, Jerry Brisco, Earl Hebner étaient au courant des plans du Screwjob de Montreal

La DX est une idée de Vince Russo

Les frères Harris ont protégé HBK toute la journée des Survivor Series 1997

A écopé d’une amende de 10 000 $ suite à des libertés verbales qu’il a prises à l’encontre de l’Undertaker (qui était absent ce soir-là) lors d’une interview